Retour sur la Semaine de l’Exil et de la Mémoire ….paroles et images

L’AMCA a commémoré les 80 ans de la Retirada et de la création du Camp d’Agde du 12 au 16 mars.  Pour cet évènement d’envergure nous avions comme co-organisateurs le Groupe de Recherches Historiques Agathoises (GRHISTA) ainsi que le Centre de recherche de Langues, littératures, cultures des Suds (LLACS) de l’Université Paul-Valéry Montpellier et plusieurs partenaires tels que le service des archives municipales d’Agde, l’Association Terres de Mémoires et de Luttes (TML) d’Oloron-Sainte-Marie (Pyrénées-Atlantiques), l’Office National des Anciens Combattants et Victimes de guerre de l’Hérault (ONACVG) et  l’Association des professeurs d’histoire et géographie du Languedoc-Roussillon (APHGLR).

Voir ici le programme

Cette semaine qui fut riche en moments de rencontres, de partages et d’échanges a permis de mettre en lumière la tragédie vécue par les Républicains espagnols en 1939. Ils ont alors  dû choisir, la mort dans l’âme, la douleur de l’exil plutôt qu’une vie de soumission et de terreur et se sont retrouvés parqués dans les camps que leur a érigé la France, patrie des droits de l’homme !

Des mots ont été posés sur cette période. Par des acteurs de cet exil qui ont témoigné encore et encore, par les élèves des établissements scolaires locaux qui ont interrogé et reformulé, par les descendants de ces réfugiés qui ont raconté leurs histoires familiales, par des historiens qui ont collecté et analysé les éléments factuels.

Ces moments forts ont inscrit cette histoire récente comme un maillon supplémentaire qui relie les 25 siècles d’histoire d’Agde à l’Histoire de nos civilisations.

Car ainsi que l’a dit Christian Camps, président de l’AMCA à la correspondante de l’A.F.P.  : « Il m’a semblé que c’était le moment ou jamais de recueillir des témoignages de personnes ayant vécu cette douloureuse période et de les confronter aux universitaires et chercheurs spécialistes de ce pan tragique de notre histoire contemporaine. J’ai voulu essayer de faire prendre conscience aux jeunes que, à un moment ou à un autre, nous connaissons tous des vagues d’immigration, motivées par des souffrances terribles, générées par l’instauration de régimes qui ne respectent ni les idées ni les libertés ni les droits de l’Homme. J’ai souhaité sensibiliser au devoir qu’ont les démocraties d’accueillir, même provisoirement, dans des conditions décentes de dignité et de respect de la personne humaine ceux qui sont humiliés, brisés et torturés dans leur pays. » 

(Interview reprise et publiée dans plusieurs journaux et magazines dont le Point, le Figaro, Libération, La Croix)

Retour en images….

L’Affiche de la Semaine Exil et Mémoire sur le Moulin des Évêques
La Conférence inaugurale du colloque “Les Camp de réfugiés en France 1939-1945” présentée par Geneviève Dreyfus-Armand
Le Colloque a réuni une quarantaine d’universitaires et d’historiens venant de France, d’Espagne et de Grande Bretagne
Une nombreuse assistance a suivi les 3 jours du colloque dont les actes seront publiés avant la fin de l’année

Les expositions sur le Camp d’Agde ont été vues par de très nombreux visiteurs

L’exposition “Ils sont passés par le Camp”présentée à l’Office de Tourisme – Cette expo reprend les articles publiés sur ce site concernant les Républicains qui ont laissé leurs noms dans les domaines artistiques, archéologiques, littéraires ou encore dans l’Histoire –

Temps de rencontres et d’échanges pour les scolaires avec les témoins de cette période : Maria-Blaya Marza, 95 ans et Joseph Vilamosa, 92 ans. Ils ne s’étaient jamais rencontrés, lui avait 11 ans, elle en avait 14, quand ils ont franchi les Pyrénées en hiver 1939, mais ils se souviennent tous deux de la peur, du froid, de la faim et des poux. 
Transmission de la mémoire….
Visite des expositions par les scolaires
Panneaux réalisés par les scolaires
Un des dessins…
Le chanteur Cali dont les grands-parents ont fait partie des exilés de 1939 était le parrain de cette manifestation
Soirée cinéma avec le film « Le Silence des autres » d’Almudena Carracedo et Robert Bahar. Ce documentaire pose le problème de la loi d’amnistie qui pèse, telle une chape de plomb, et empêche tout travail de mémoire et de deuil.
Et en point d’orgue le concert de Paco Ibanez…

“Ceci est la fin ; un jour prochain tombera Barcelone. Pour les stratèges, pour les politiques, pour les historiens, tout sera clair : nous avons perdu la guerre. Mais humainement, je n’en suis pas si sûr… Peut-être l’avons-nous gagnée ?” Aujourd’hui, quatre-vingts ans après ces mots d’Antonio Machado, il n’y a aucun doute : sur le plan humain, les Républicains espagnols ont gagné la guerre. 


Photos AMCA sauf photo Affiche sur le Moulin des Evêques Rodolphe Manens