Quelques personnalités

Alfred Bartos  et l’attentat d’Heydrich (Viden 1916-Pardubice 1942)

Ce lieutenant faisait partie des militaires tchécoslovaques qui séjournèrent au Camp d’Agde. Il a été membre du commando tchèque « Silver A »  qui  tira sur Heydrich le 27 mai 1942  à Prague. Après la mort du chef nazi, la Gestapo traqua les coupables. Se voyant pris, Alfred Bartos se tira une balle dans la tempe. Il est mort des suites de ses blessures à l’hôpital  de Pardubice où l’avaient conduit les SS. qui, voulant le  prendre vivant, avaient contraint les médecins à tenter une opération.

 

 

Agusti Bartra , poète, narrateur, dramaturge, critique et traducteur (Barcelone 1908 – Terrassa 1982)

Exilé en France après la défaite républicaine espagnole, il est interné dans les camps de Saint-Cyprien, d’Argelès-sur-Mer et d’Agde. Durant son séjour au camp d’Agde, il a écrit des poèmes amers. On lui doit aussi un roman concentrationnaire, Xabola, écrit en partie à Argelès et à Agde et traduit en français sous le titre Christ aux 200 000 bras. Après avoir séjourné en République Dominicaine, à Cuba, au Mexique et aux Etats-Unis il rentre à Barcelone en 1969.

 

José Cabrero Arnal,  auteur du célèbre Pif le chien (Castilsabas 1909 –  Antibes 1982)

Ce dessinateur espagnol est parti du Camp d‘Agde pour s’engager contre les nazis et rejoindre la ligne Maginot, où il est fait prisonnier et déporté à Mathausen. A la fin de la guerre, il rentre à Paris où il reprend sa carrière de dessinateur. Il crée les personnages de Placid et Muzo pour le magazine Vaillant et un peu plus tard ceux de Pif le Chien et de son compère Hercule pour une bande dessinée quotidienne qui paraît dans le journal L’Humanité.

 

 

Arthur Kéry Escoriguell  auteur et peintre ( Barcelone 1919-Belfort 2015)

Ancien élève officier espagnol, Arthur Kéry Escoriguell s’investit dans la vie du camp d’Agde. Nommé interprète, il donne des cours de français, d’anglais, d’écriture et de mathématiques. Il s’évade et s’engage pour combattre les Allemands. Fait prisonnier, il est conduit à Nuremberg, où il subit des expériences médicales. Après une nouvelle évasion, il rejoint un réseau de Résistance en Dordogne. Auteur de recueils de poésie, de romans, de pensées philosophiques, c’est aussi un artiste-peintre et un sculpteur qui s’inscrit dans le courant néo-expressionniste. On peut voir ses œuvres à Barcelone, à Gérone, à Perpignan et à Belfort.

 

Francisco Prat Puig, archéologue et architecte (Bergueda 1906 – Santiago de Cuba 1997)

Archéologue diplômé de l’Université de Barcelone, Francisco Prat Puig a dirigé lors de son séjour au camp d’Agde une campagne de fouilles locale qui a permis d’attester de l’existence d’une antique cité ibère. Il choisit de s’exiler à Cuba où il devient professeur d’histoire de l’art à l’Université de Santiago de Cuba. Auteur de publications, de découvertes archéologiques majeures, grand restaurateur de pièces et d’édifices, il a reçu à Madrid  l’Ordre d’Isabelle la Catholique, la plus haute décoration de la Culture, et à Barcelone la Croix de Saint Georges. Un prestigieux centre culturel porte son nom à Santiago de Cuba.

 

Luis Royo Ibanez, un de « la Nueve » (Barcelone 1916 – Villejuif 2016)

Après avoir été interné au camp d‘Agde avec les républicains espagnols, Luis Royo Ibanez a pu rejoindre de la famille qui habitait dans l’Hérault. Lors de la déclaration de la guerre, il est de nouveau interné au camp d’Agde comme « indésirable étranger ». Relâché quelques mois plus tard, il s’engage dans la Légion Étrangère et déserte à l’Armistice pour rejoindre les Forces Françaises Libres gaullistes. Il intègre la 9e compagnie de régiment du Tchad, composée essentiellement de Républicains espagnols et surnommée « La Nueve » (neuf en espagnol). En 1944, il débarque en France et, avec ses compagnons, il fait partie des premiers soldats qui libèrent Paris le 24 août 1944 à bord d’un half-track dénommé Madrid en souvenir de la guerre d’Espagne